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EOB - Ed O'Brien

KoyL · 262 · 145907

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J'ai écouté, et même si cela semble plus qualitatif que le premier, ça m'en a fait bouger une sans toucher l'autre. Rien de bien mémorable, à mon sens.   :mouais:


Hors ligne Lucius Snow

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Ca a plus le format d'EP une fois les interludes / instrus retirés.


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Ca a plus le format d'EP une fois les interludes / instrus retirés.

Parce que ce qui compte, ce sont les passages ou il chante? :wtf:

Blague à part faut que j’écoute ça


Hors ligne Lucius Snow

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Si tu ne le compares en rien à Radiohead ou Thom, tu peux le trouver pas mal.


Hors ligne astyl120

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Interview d'Ed dans le nouvel obs :

https://www.nouvelobs.com/musique/20260523.OBS115168/ed-o-brien-radiohead-sous-influence-francoise-hardy-venait-nous-voir-jouer-lors-de-nos-premiers-concerts-a-paris.html

La copie du contenu :


Ed O'Brien (Radiohead), sous influence : « Françoise Hardy venait nous voir jouer lors de nos premiers concertsà Paris »
Le guitariste de Radiohead sort un second album solo, lumineux, dans lequel il exorcise une longue année de dépression.Sa « nuit sombre de l'âme », comme il la désigne poétiquement.
Ce n'est pas tous les jours que l'on rencontre un musicien désigné comme l'un des meilleurs guitaristes de tous les tempspar le magazine américain « Rolling Stone ». Pas tous les jours non plus que l'on papote avec un homme qui fait partie dugroupe de rock le plus créatif, ambitieux et virtuose depuis Pink Floyd. Auprès du « Nouvel Obs », Ed O'Brien se livresans fards sur la dépression, son amour de la nature et les influences qui l'ont façonné, de la célèbre émission musicale« Top of The Pops » à Elvis Costello, qu'il reprenait lors des premières répets du petit groupe d'Oxford qui allait devenirRadiohead. « Blue Morpho » est un disque très aérien, presque rêveur. Un univers très différent de votre précédent albumsolo, « Earth ».

Dans quel état d'esprit étiez-vous lors de la conception de ce disque ?
Ed O'Brien L'écriture de cet albumvient d'une période sombre. Pendant près d'un an, j'ai fait une grave dépression. Trois choses m'ont aidé à en sortir : mapratique spirituelle, passer beaucoup de temps en pleine nature dans la campagne anglaise et m'enfermer dans unepièce tous les jours pour jouer de la guitare. Ça a vraiment été une thérapie pour moi. Je n'avais aucune attente ; si jeparvenais à quelque chose qui me semblait intéressant, je l'enregistrais simplement sur mon téléphone. Lorsque je suissorti de cette période sombre, j'ai réalisé que j'avais accumulé ces petits motifs musicaux, comme des fragments delumière qui provenaient de cet endroit obscur. Il y avait de la beauté là-dedans. Ecrire ces chansons vous a-t-il permisd'aller mieux ? Oui, cela a fait partie du processus. Je pense que tout le monde, au cours de sa vie, traverse une crise.Une rupture, un problème de santé, une dépression. Cela fait partie de mon parcours et j'ai la chance d'avoir réussi àm'en sortir. Je suis musicien, et pour que ces chansons soient ce qu'elles sont, j'ai dû traverser cette épreuve, quej'appelle ma « nuit sombre de l'âme ». C'est un don précieux de pouvoir prendre quelque chose d'aussi sombre et letransformer en quelque chose de beau. Ça m'a aidé à guérir.

Quel est votre premier souvenir musical ?
Il y avait uneémission très populaire à la télévision anglaise, « Top Of The Pops ». Je me souviens avoir vu ce groupe qui s'appelaitSweet jouer leur chanson « Blockbuster ». Le lendemain, je suis allé à l'école déguisé comme eux, et j'ai chanté lachanson. La maîtresse a trouvé ça tellement drôle qu'elle m'a fait chanter devant les autres classes. Je ne l'ai jamaisraconté à personne, mais je me souviens avoir ressenti un mélange de plaisir et de gêne. Je dirais que c'est toujours lecas aujourd'hui... Je suis très heureux d'être musicien et d'avoir la chance de jouer devant un public, mais j'ai tendance àêtre mal à l'aise lorsque l'attention se porte uniquement sur moi. Quel est le premier album que vous avez acheté ? Ledouble rouge des Beatles, qui retrace la période 1962-1966. Je devais avoir 9 ans ; un garçon de ma classe avait cedisque, il ramenait son magnétophone à cassette et on l'écoutait. Je suis devenu obsédé par les Beatles, de mes 9 à mes13 ans. J'écoutais « Can't Buy Me Love » en boucle, c'était la chanson la plus fantastique que j'avais jamais entendue.J'avais écouté le double bleu, mais je m'étais dit « c'est trop bizarre pour moi ». Maintenant, je comprends pourquoi ! [Leschansons écrites par les Beatles pendant la période 1967-1970 correspondent à leurs premières expérimentations desdrogues hallucinogènes, NDLR.]

Quand avez-vous compris que la musique jouerait un grand rôle dans votre vie ?

 Jedevais avoir 11 ans. J'ai entendu « Walking On The Moon » de The Police, et il y avait quelque chose dans le son deguitare, dans la façon dont le morceau sonnait, qui m'a comme attiré. Ce fut un moment charnière : ce que j'écoutais s'esttransformé en quelque chose qui a piqué ma curiosité. C'était la première fois, et c'est ce qui m'a en quelque sorte lancésur cette voie. C'est ce qui vous a décidé à faire de la musique ? Non, j'ai eu ma première guitare à l'âge de 15 ans, en1983. Je ne jouais pas vraiment d'ailleurs. Ce n'est que deux ans plus tard, quand j'ai rencontré les gars [les membres deRadiohead, NDLR], que je m'y suis mis. En fait, j'ai appris à jouer au sein du groupe, quelques années seulement avantnotre signature avec une maison de disques.

Quel est votre meilleur souvenir sur scène ?

Lorsqu'on a joué à Glastonburypour la première fois comme tête d'affiche avec Radiohead. C'était en 1997. J'ai vécu une expérience de hors corps : jevoyais cette foule immense qui s'étirait jusqu'à l'horizon, et nous qui étions sur scène. Je n'arrivais pas à croire que nousétions là, alors que onze ans auparavant, nous étions au lycée ensemble...

Et le meilleur concert ?

Notre tournée enEurope l'année dernière avec Radiohead. Le premier concert à Madrid a été particulièrement mémorable. Nous étionsnerveux car nous n'avions pas joué ensemble depuis longtemps. Mais avec tout l'amour et l'énergie du public, lorsque
nous sommes sortis de scène, nous nous sentions invincibles. J'avais l'impression d'avoir monté à cru un énorme étalon...c'était complètement fou.
On a assisté au grand retour sur scène de Radiohead, et c'était absolument historique

Quel est le meilleur riff de guitare de tous les temps ?

Il y en a tant... Mais je dois choisir « This Charming Man » desSmiths. C'est un riff incroyable. Il marche partout, tout le temps. Je me souviens l'avoir entendu un jour alors que jem'enregistrais à la réception d'un hôtel à Rio, et de m'être dit : « Même dans ce cadre, au Brésil, cette chanson sonneincroyablement bien. »

Y a-t-il un ou une artiste française que vous aimez particulièrement ?

Ma mère était une grandefan de Françoise Hardy. D'ailleurs, quand nous avons commencé à jouer à Paris avec Radiohead dans les années1990 dans des petites salles, Françoise venait nous voir jouer. Elle était super cool, une femme incroyable. Nous n'étionsqu'un petit groupe indé, mais elle sentait quelque chose. Elle était très curieuse sur le plan musical. ? ? ? ? ? ? ? ? ? Si jedevais choisir un album, je dirais « Moon Safari » de Air (1998). C'est un disque magnifique qui a vraiment marqué magénération.

Votre album de rock préféré ?

« IV » de Led Zeppelin (1971). Un classique. C'est drôle d'ailleurs, parce quependant longtemps, je ne connaissais pas leur musique. J'avais l'impression que ce n'était pas pour moi. Et puis, à l'âgede 25 ans, j'ai passé tout un Noël à écouter Led Zeppelin et j'ai réalisé que leur musique était incroyable.

Y a-t-il unechanson de Radiohead que vous ne supportez plus ?

Pas vraiment, non. Pour être tout à fait honnête, j'ai réalisé lors dela dernière tournée à quel point certaines de nos chansons étaient vraiment bonnes [rires]. Je ne les avais pas jouéesdepuis longtemps, ça m'a permis de les remettre en perspective. Donc j'imagine que ça va paraître bizarre que je dise ça,mais nous avons de très bonnes chansons.

Vous aviez 17 ans lorsque vous avez formé un groupe de lycéens qui allaitplus tard devenir Radiohead. Est-ce que vous vous souvenez quelles reprises vous faisiez lors de vos premièresrépétitions ?

Oui ! Nous jouions « Pump It Up » d'Elvis Costello. [Il réfléchit.] Est-ce que nous faisions « Tears Of AClown » de Smokey Robinson ? Peut-être pas... Mais « Why Can't I Touch It » des Buzzcocks, celle-là, je m'en souviens.Nous faisions aussi cette chanson reprise par les Beatles, « Money (That's What I Want) ».

Avec quel autre artisterêveriez-vous de travailler ?

 Je n'y ai jamais vraiment réfléchi... Je crois que j'aimerais continuer à travailler avec lesartistes qui ont collaboré à mon album, « Blue Morpho » : Paul Epworth et Riley MacIntyre, et les musiciens Dave Okumu,Tonu Korvits et ESKA. Vous savez, quand je travaille en solo, je n'ai pas ce lien inébranlable que j'ai avec Radiohead. Cegroupe, c'est ma famille. Avec cette nouvelle équipe, j'ai, en quelque sorte, trouvé une deuxième famille, et j'ai envie decontinuer à travailler avec eux. « Blue Morpho » (Transgressive Records).

En concert le 8 octobre à la Salle Pleyel (Paris-8e).
« Modifié: ven. 29 mai 2026, 10:24:03 par astyl120 »
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Y’a pas dépression dans le titre d’article mais « bucolique » comme dans celui des inrocks

https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/05/22/la-therapie-bucolique-d-ed-o-brien-guitariste-de-radiohead-en-solitaire_6692294_3246.html

l'intégralité de l'interview :


La thérapie bucolique d’Ed O’Brien

Le guitariste de Radiohead publie « Blue Morpho », un deuxième album solo réalisé après une grave dépression

Indiscutablement, Ed O’Brien est un grand guitariste. Avant de rencontrer le Britannique pour la première fois, on ne mesurait pas que c’était aussi au sens propre. Du haut de son 1,96 mètre, le membre de Radiohead, âgé de 58 ans, en impose. Sentiment prolongé par son magnétique deuxième album solo, Blue Morpho, à paraître ces jours-ci, qui procure le vertige.
Fin façonneur de textures avec sa six-cordes électrique au sein d’une des formations les plus vénérées du rock contemporain, l’Anglais donne le sentiment d’être aussi le plus discret de la bande d’Oxford. Parmi les complices associés depuis 1985, les projecteurs se sont majoritairement braqués sur le chanteur et compositeur Thom Yorke, leader hyperactif toujours accaparé par ses BO de films, ses disques en solo ou autres projets parallèles.
Et puis, il y a aussi Jonny Greenwood, prodigieux guitariste et multi-instrumentiste, qui forme aussi avec Yorke les deuxtiers du projet The Smile, éminemment respecté en tant que compositeur de musique de films (trois nominations auxOscars). Sans oublier le grand frère bassiste, Colin Greenwood, croisé ces derniers temps régulièrement avec Nick Cave,et le batteur Phil Selway, auteur de trois albums de folk pop feutrée. Par rapport à ses anciens camarades de lycée, EdO’Brien semble prendre son temps. Son premier album,
Earth, paru en 2020, avait déjà nécessité dix ans de travail, celui-ci a pris six ans.
Deux albums conçus en partie durant la pause de huit ans qu’a traversée son groupe. Depuis, Radiohead est revenu au premier plan en 2025, le temps d’une tournée européenne triomphale de 20 dates. L’occasion de ressouder les liens.
«Avant qu’on se retrouve, je crois que j’étais curieux, mais je n’avais aucune attente, se remémore Ed O’Brien, d’une voix humble et d’un calme olympien. Sur la précédente tournée de 2018, pour A Moon Shaped Pool, je ne prenais plus de plaisir, j’en avais juste assez. Tout le monde était fatigué et stressé. Ce genre de contexte ne permet pas de donner le meilleur de soi-même. Mais nos retrouvailles furent finalement magnifiques. Ce qui nous unissait tous les cinq était tellement fort. »
Dans le salon tamisé d’un hôtel parisien, une matinée de fin mars, Ed O’Brien, petite barbe de trois jours et sourire avenant, évoque volontiers son groupe, mais il est surtout là pour parler de Blue Morpho
. Sous ce titre emprunté à un papillon aux grandes ailes azur, neuf titres voltigent entre arpèges folk classieux et électro panoramique.
Une oeuvre envoûtante et méticuleuse, où le guitariste affirme ses talents d’auteur, compositeur et chanteur, non sans exhaler quelques réminiscences oxfordiennes familières aux amateurs de Radiohead : les arpèges fantomatiques d’Incantations ressuscitant Street Spirit (Fade Out)
; les instrumentaux Solfeggio et Thin Places aux nappes électro boréales évoquant Amnesiac.
Mais Blue Morpho est une oeuvre avant tout personnelle, que son géniteur assume pour la première fois sous son propre nom, alors que l’exotique
Earth, optait encore timidement pour ses initiales EOB.
La genèse de Blue Morpho remonte à la pandémie de Covid-19 en 2020, lors du second confinement outre-Manche. Ed O’Brien plonge dans une profonde dépression, racontée en toute franchise :
« Au premier confinement, nous étions avec ma femme et nos deux enfants dans notre maison de campagne au Pays de Galles. Tout s’était plutôt bien passé, c’était presque une expérience nouvelle. Mais cette fois, nous étions coincés dans notre appartement londonien. Je ne pouvais rien faire ni aller nulle part. Quand j’ai tout arrêté, j’ai eu l’impression de m’effondrer, littéralement. Mon corps a juste lâché, je n’avais plus la moindre énergie. J’ai toujours été très occupé dans ma vie, je fuyais, en fait, de vieux problèmes enfouis. »
« Discipline spirituelle »
Encouragé par son épouse, il entame seul une introspection et prend conscience que cette crise provient de fêlures de jeunesse, liées au divorce de ses parents.
«
J’ai grandi avec des schémas établis durant l’enfance qui étaient intenables, et tous mes problèmes découlaient de là. Il m’a fallu apprendre à faire face à toutes ces peurs, les observer, puis les accepter et les apaiser. C’est comme s’il avait fallu raser la maison pour la reconstruire. »
Ce chemin vers la guérison nécessitera un an, avec pour seules thérapies la musique et une connexion spirituelle avec la nature.
Si
Blue Morpho
était une saison, ce serait assurément l’hiver, un hiver nimbé de délicats arpèges folk pincés façon NickDrake (Incantations) et d’atmosphères brumeuses sophistiquées (le très trip-hop Teachers).
L’environnement gallois y est pour beaucoup : à la fin du second confinement, en mars 2021, le musicien déprimé se retire avec sa famille dans sa maison de campagne. Fervent adepte de la méditation, il s’astreint à une
« discipline spirituelle »
en passant chaque après-midi à marcher seul longuement dans les bois et à travers les collines, et à prendre un bain de rivière, inspiré parles méthodes respiratoires de l’athlète et philosophe néerlandais Wim Hof.
L’Anglais aime décrire cette période comme la « nuit obscure de l’âme », expression tirée d’un poème de Jean de la Croix, prêtre et poète espagnol du XVIe siècle.
« La guérison comportait de nombreux aspects, mais rien de tout cela n’aurait pu se produire si je n’avais pas été dans la nature », affirme ce terrien très impliqué dans la cause environnementale.
On sait combien Radiohead s’est toujours engagé en faveur de diverses causes écologiques.
« Cette planète sur laquelle nous vivons est si belle et tellement puissante.
On a tendance à l’oublier car nous vivons dans des villes qui nous déconnectent, s’indigne-t-il, perdant un court instant son calme
. Les décisions sont prises par des politiciens et des hommes d’affaires qui vivent dans les villes. Notre société vénère l’argent, les faux dieux et les fausses idoles. On s’intéresse davantage à la Coupe du monde de football qu’à la nature. Et c’est un fan inconditionnel de ce sport qui vous le dit ! Je peux comprendre tout ça, mais c’est de la folie. »
Ed O’Brien ne serait-il pas le membre le plus « New Age » de Radiohead ? L’Anglais éclate de rire :
« Franchement, je suis tout simplement quelqu’un d’émerveillé par notre planète. Assister à un lever ou à un coucher de soleil me remplit toujours de joie. La plupart des gens ressentent ce sentiment. Et plus je vieillis, moins je tiens tout ça pourcquis. D’ailleurs, tous les grands musiciens jouent avec une connexion spirituelle, regardez Miles Davis sur
In a SilentWay, ou encore le folker John Martyn, sa musique magnifique était très ancrée dans la nature. »
Collaborations inattendues
Nous en venons donc à la musique, l’autre pilier de sa cure galloise. Chaque matin, entre 9 heures et 12 heures, le mal-en-point s’isole avec sa guitare dans une petite pièce. Sans intention d’enregistrer, ni idée préconçue.
« Des petites choses ont fini par émerger, des petits motifs musicaux, retrace-t-il.
Je jouais de la guitare, j’expérimentais avec des sons. Et lorsque je trouvais quelque chose, j’enregistrais sur mon smartphone. »
Un an plus tard, enfin rétabli, ses idées ont germé :
« Elles semblaient venir d’ailleurs, d’un autre monde, un monde sombre, mais où se cachait aussi de la beauté.Et j’ai compris que c’était là le point de départ. »
La gestation de Blue Morpho va s’étaler ensuite sur quatre ans, entre le Pays de Galles et les studios The Church de Londres, sous la houlette du producteur Paul Epworth (Depeche Mode, Paul McCartney). Leur rencontre s’est faite par hasard, à l’école que fréquentent leurs enfants respectifs. Tout le disque serait d’ailleurs, selon lui, le fruit decollaborations inattendues, qu’il appelle joliment « serendipity » (« coïncidence heureuse »). Notamment celle avec le saxophoniste jazz Shabaka Hutchings, qui officie à la flûte sur
Incantations
.
Mais aussi le compositeur estonien Tonu Korvits, qui signe de majestueux arrangements de cordes.
« Notre rencontre avec Tonu remonte à 2023, lors d’une conférence où j’étais invité à Tallinn, en Estonie »
, explique le musicien.
Les deux ont une longue conversation sur le compositeur estonien Arvo Pärt, dont Ed O’Brien est un grand admirateur.
« Je savais que je le recontacterais. »
Guitariste explorateur de premier plan, Ed O’Brien démontre sur Blue Morpho
qu’il est aussi un chanteur raffiné qui aime expérimenter avec sa voix, comme sur les harmonies spectrales d’ Incantations
et Sweet Spot
. Parmi ses modèles, le ténébreux baryton Scott Walker (1943-2019) et Jeff Buckley (1966-1997), le saint rock aux cinq octaves, dont il garde le souvenir ému d’un concert en 1994 :
« Avec le groupe, nous avions assisté à son passage à Londres dans le club TheGarage , se rappelle-t-il, enthousiaste
. Ce fut une claque monumentale, il était clairement au-dessus du lot, du niveau d’un Prince ou d’un Stevie Wonder. »
La rumeur prétend que Buckley inspira l’une des plus belles chansons de Radiohead, Fake Plastic Trees
– il confirme.
On imagine combien il doit être difficile de prendre seul le micro lorsque le chanteur de son groupe s’appelle Thom Yorke, une des voix les plus marquantes du rock anglais. Lors de leur réunion de 2025, le guitariste s’est investi dans les choeurs comme jamais :
« J’ai adoré chanter avec Thom sur cette tournée. Sur scène, nos registres respectifs haut et bas s’harmonisent très bien. Le lendemain du dernier concert, j’ai reçu un adorable texto de Thom me remerciant. »
Si aucun album de Radiohead n’est d’actualité, la formation d’Oxford compte bien repartir sur la route en 2027 pour une vingtaine de dates, et passer en France, grande absente de la précédente tournée.
« Je sais qu’on viendra jouer ici la, assure-t-il
. C’est un pays très important pour nous. » D’ici là, il est vivement recommandé de papillonner avec
Blue Morpho




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