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Pour Merah, sa citation est récente je crois mais à minima complotiste, pour ne pas dire négationniste.
Tu parles d’une gauche universaliste, humaniste et ambitieuse. Qui l’incarne pour toi aujourd’hui ?
Ce qui me surprend le plus, c’est le regard porté sur le 17 octobre. Je ne défends évidemment pas le pillage d’une boutique ou l’incendie d’une mairie, et je comprends que ça coûte cher, y compris aux plus modestes. Certains ici ont parlé d’éducation et d’égalité des chances, et je l’ai bien lu. Mais le ton général m’a semblé surtout sévère, avec beaucoup de responsabilité individuelle et assez peu de ce qui a produit cette jeunesse-là. On peut s’en sortir, d’accord, mais tout le monde n’a pas les mêmes armes pour le faire. Une société qui valorise la réussite matérielle, mais bloque en partie l’accès aux moyens légitimes d’y parvenir, produit de la déviance. Et la méritocratie, chu pas fan personnellement. Parce que ceux qui n’ont pas ces armes (capacités intellectuelles, santé, famille, logement, réseau, argent, codes sociaux, discriminations) méritent aussi qu’on s’occupe d’eux selon moi. Ça manque de dignité pour ceux qui ne montent pas.
Tu auras remarqué que les émeutiers venaient majoritairement de cités autour de Paris. Bien sûr que leur condition sociale dans des ghettos pauvres va influer sur leur avenir et que tout sera plus difficile pour eux que pour d'autres. Mais comme je le disais, l'Etat leur offre le moyen de s'en émanciper par l'éducation et la culture. Dans de nombreuses campagnes reculées, des jeunes du même âge font eux aussi face au même chômage, à la même pauvreté, aux mêmes problématiques de familles nombreuses et de parents défaillants (alcool, maltraitance...). Mais eux ne cassent rien, ne brûlent rien. Et d'ailleurs ils ont un inconvénient en plus : aucun cinéma, aucun concert, aucune expo, aucun musée à moins de 50 km et sans transports en commun pour les y conduire.
Merci, présent kid, pour ton post. Tres précieux d’avoir un avis extérieur
Si la pauvreté et les difficultés sont les mêmes, mais que les uns cassent et pas les autres, c’est quoi la différence selon toi ? Parce que ton raisonnement laisse entendre que ça viendrait des gens eux-mêmes, presque de la mauvaise graine, et j’aimerais savoir si c’est vraiment ce que tu penses.
Et puis, les campagnes ne sont pas si calmes que ça, nan? Les gilets jaunes, c’était en grande partie la France rurale et périurbaine, et ça a donné l’Arc de Triomphe saccagé et la préfecture du Puy-en-Velay incendiée. Les agriculteurs aussi ont muré, incendié ou couvert de lisier des bâtiments publics. La colère s’exprime différemment selon les endroits, mais elle existe partout.
C'est en revanche une erreur, pour ne pas dire une instrumentalisation dangereuse, de venir prétendre que ces comportements crapuleux s'expliquent par la qualité de victime perpétuelle du commettant ou pire que cela constituerait le début "d'une révolution" comme j'ai pu le lire ici et là sur les réseaux sociaux de gens de gauche.
Je maintiens que sur les attaques des bâtiments publics, il y a indéniablement un rejet de l'Etat qui s'appuie sur des idéologies soit révolutionnaires soit identitaires.