Certains ne prendront plus la peine de trier en tout cas et il va devenir difficile de revendiquer publiquement sa passion pour lfi désormais.
Mais il ne faut pas que ceux qui prendront la place de ce qui aurait dû rester un groupuscule dans la campagne à venir abandonnent pour autant la raison républicaine et l’empathie qu’on doit aux plus précaires.
Je ne vois pas trop où est le rapport entre LFI et ce qui s'est passé hier (même si tout le monde s'empresse de faire le lien).
On ne sait rien (et on ne saura sans doute jamais rien) du profil des casseurs et des émeutiers, d'où ils viennent, quelles sont leurs motivations, etc.
Ce qu'on peut dire avec certitude c'est que :
- la stratégie du maintien de l'ordre à la française (la police joue l'escalade plutôt que la désescalade) est une nouvelle fois en échec
- certains bâtiments dont il était évident qu'ils risquaient d'être pris pour cible par des casseurs n'étaient pas protégés, alors même que le déploiement policier était impressionnant partout
- les organisations qui, en d'autres temps, auraient peut-être pu aider à canaliser la colère et à lui offrir une perspective stratégique (au hasard, les syndicats, les organisations du mouvement social) ont perdu la légitimité pour le faire - notamment parce que depuis plusieurs années (2007, au moins) les gouvernements n'écoutent plus les mouvements sociaux, ne prennent plus en compte ce qui s'exprime dans la rue.
- bon courage pour ramener le calme, sachant ce qui nous attend (les prix alimentaires qui vont prendre 15% cet hiver ; les taxes européennes sur le carburant qui entreront en vigueur en janvier et devraient rajouter 20 centimes au litre d'essence, etc.).
La colère est là, les organisations classiques sont délégitimées, l'envie d'en découdre est manifeste (et les raisons objectives de le faire sont nombreuses) - c'était un beau piège stratégique dans lequel on s'est engouffrés tête baissée... et dont les effets sur 2027 vont être délétères.